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« C’est du gâchis »

Lors de son assemblée générale en février, l’Association des commerçants et artisans de Bischwiller et environs (ACAB) a lancé une charge contre la municipalité à qui elle demande davantage de soutien et de transparence.

 

 

Malgré le succès rencontré lors de la première édition en octobre dernier, le salon régional du commerce et de l’artisanat ne sera pas reconduit cette année. document remis

Cette assemblée générale de l’Association des commerçants et artisans de Bischwiller et environs fut l’occasion pour le président, Bernard Heckert, de revenir sur l’événement phare organisé par l’association en 2017 : le premier salon régional du commerce et de l’artisanat qui s’est tenu à la MAC les 7 et 8 octobre derniers. Avec une cinquantaine de professionnels et 3 200 visiteurs comptabilisés durant les deux jours, l’opération a remporté un beau succès et le projet d’une deuxième édition était déjà sur les rails. D’autant que, d’après un questionnaire réalisé par des élèves du lycée Goulden de Bischwiller, 100 % des commerçants et artisans présents sont prêts à rempiler et que, souligne Bernard Heckert, l’événement a reçu le soutien de nombreux élus et partenaires institutionnels.

 

Un « plébiscite » qui se heurtait néanmoins à trois « prérogatives » : avoir une salle plus grande pour doubler le nombre d’exposants et donner plus d’ampleur à l’événement, obtenir le soutien financier de la Ville pour la partie communication (évaluée à 6 000 euros) et prolonger le contrat de la collaboratrice de l’ACAB, Catherine Deschamps, qui prend fin le 15 août prochain, et dont la Ville finance la moitié du salaire soit 12 000 euros par an.

 

Or, contrairement à ce qu’a laissé entendre le président lors de l’assemblée générale – reconduction possible de l’événement – les propositions du maire (investir le sous-sol de la MAC, mettre à disposition les services de la Ville pour la partie communication-événementiel, maintenir le montant de l’aide financière à l’ACAB et trouver un autre contrat de professionnalisation) ne permettait pas à l’association d’envisager une deuxième édition. « Le sous-sol poserait des problèmes de sécurité, le service communication n’a pas la réactivité nécessaire pour suivre ce genre d’événement et j’avais demandé 2 000 euros de salaire supplémentaire pour les deux mois de salaire restants à Catherine Deschamps qui ne serait alors plus en contrat de professionnalisation, le maire a refusé », répond Bernard Heckert qui reconnaît avoir espéré un « sursaut » lors de l’AG où étaient présents plusieurs élus et responsables politiques. « L’association ne peut pas supporter seule le risque financier pour un événement de cette taille, autofinancé à hauteur de 45 000 euros et alors qu’elle se veut d’abord un soutien stratégique et opérationnel aux élus locaux », explique encore le président.

 

« Un grand merci »

 

Bernard Heckert y voit un « manque de soutien » et de « considération » pour les professionnels qui étaient « tous prêts à repartir ». « Ce salon était le point d’orgue de quatre années de travail, d’actions sur le terrain. Il devait mettre un gros coup de projecteur sur la ville, ses infrastructures, ses capacités d’accueil, montrer aux exposants extérieurs qu’il y a des compétences et, à travers le forum de l’emploi, permettre aux commerçants et artisans de trouver de la main-d’œuvre. C’est du gâchis, ne décolère-t-il pas. Nous sommes obligés de justifier corps et âme une action reconnue et souhaitée par tous. Je ne comprends pas pourquoi on nous lâche là-dessus. »

 

Lors de l’AG, le président avait également souligné le manque de soutien et de transparence de la municipalité et dit son souhait que d’autres élus – en plus de la première adjointe Michèle Muller, seule interlocutrice de la mairie – « prêtent l’oreille », que « la collaboration s’améliore ». « Aujourd’hui, des commerces ouvrent, personne n’est au courant. Pourquoi encore un coiffeur ? N’y a-t-il pas assez de restaurants ? Ont-ils les autorisations nécessaires ? Je ne peux pas supporter que des commerces présents depuis des années se trouvent en porte à faux avec d’autres qui ne sont pas en règle. Que ceux qui sont en place se mettent en conformité, ils seront sûrs d’avoir le soutien du bureau. »

 

En réponse, la première adjointe a adressé « un grand merci » à tous les membres du bureau. « Vous travaillez constamment pour le développement économique de Bischwiller, vous redynamisez notre ville. Elle peut être fière », a-t-elle souligné évoquant une « collaboration précieuse. Le panonceau d’argent, nous le fêterons ensemble le 9 avril » (lire l’encadré).

 

Dans la foulée, la conseillère départementale et ancienne maire de Bischwiller Nicole Thomas a rappelé que si le Département ne verse plus de subventions aux commerces, il mène en revanche une politique de soutien aux centres-villes via la rénovation de l’habitat. « Lorsque les gens retrouvent le chemin des centres-villes, ils retrouvent celui des commerces […] On sent que ça bouge, que vous voulez que ça marche. Ça vaut, en effet, un merci. »

 

Source DNA Article du 07/03/2018

le 07-03-2018